Chronique de l'année 1914 : inondation de l'Eau morte

Publié le par Le Président

Dans un précédent article paru sur le blog de l'association HPSLA-CPCGF (http://phila.faverges74.over-blog.com/ ), il a été démontré que le nom de "glière" qui ne prend pas de majuscule, attribué à une rivière était une hérésie, puisque ce nom ne concerne pas un élément fluide mais s'applique à un élément solide qui est la grève sur laquelle le torrent, quel qu'il soit, déverse ses graviers, galets, pierres et sable.

L'on pourra avantageusement s'y référer, car la démonstration en a été faite. De nombreux documents, dès les temps anciens, le démontrent également, tel que cela a été rapporté dans la brochure "Chronique favergienne de 1914".

Voici la transcription intégrale de deux articles parus le samedi 4 avril 1914 dans l'hebdomadaire "L'Industriel Savoisien", [feuille d'Annonces de la Zone, journal du commerce et de l'agriculture de la Haute-Savoie [PER 58-2]]

Samedi 4 avril 1914

Faverges.- Le mauvais temps

Le mauvais temps a sévi pendant quelques jours, avec une violence rare, dans toute la région, occasionnant des dégâts matériels assez importants. Une pluie diluvienne, qu'accompagnait un vent très fort, soufflant en tempête, est venue enfler nos cours d'eau, qui sont sortis de leur lit.

Le lac d'Annecy a grossi démesurément, l'écoulement étant en partie arrêtée par le barrage construit sur le Thiou pour les travaux d'égout ; des inondations se sont produites au Paquier, à Albigny, et surtout les bords, de sorte que, dimanche, ont dû se rappeler de crever, pour la quatrième fois, le barrage.

Le Fier a causé des dégâts sur ses rives ; il a atteint les galeries aux Gorges du Fier. Dans la journée de dimanche, on pouvait voir des troncs d'arbres transportés par les flots tumultueux du torrent.

Le torrent la Chaise, qui descend de Serraval et va se jeter dans l'Arly, a raviné, à la limite des deux départements, au lieu-dit Champs-Froids, la ligne du chemin de fer d'Annecy à Albertville, ne laissant que les rails à plomb et empêchant la circulation des trains, en nécessitant un transbordement. Les trains de dimanche matin ont subi l'un 20 minutes, l'autre 1 h 30 de retard. Tous les Champs-Froids sont sous l'eau.

Le torrent de Saint-Ruph, qui descend de Tamié et de Saint-Ruph, grossi, sous le village de Mercier, des sources des marais, a couvert, au pont Carrier, la route départementale sur une longueur de 300 mètres et une hauteur de 1 mètre d'eau ;  

plus loin, le même torrent, devenu l'Eau-Morte, grossi encore et de nouveau des sources des marais et des torrents de Giez, a couvert encore une fois la même route, au Pont-Rouge, sur une longueur de 400 mètres et une hauteur de 0 m 60 d'eau. Tous les terrains en amont forment un lac.

Le torrent de Montmin, en aval du village du Villard, est tombé sur la route.

Le torrent de Prabornon, entre Mercier et Vesonne, a remblayé le chemin de Faverges à Vesonne de 0 m 60 de gravier.

Il en est de même de son voisin, le torrent des Pareuses.

La source de trop-plein, le célèbre Bourbouillon, qui sort, après les grandes pluies, entre Viuz-Faverges et le Noyeray, a jailli à 60 cm de hauteur, inondant toute la plaine des Bourbouillons et des Prés d'Enfer. (Industriel Savoisien_PER58-2_1914-03-14)

 

et le second, d'un autre auteur écrivant dans "Le Républicain Savoyard", [Journal des nouvelles politiques, agricoles, commerciales, artistiques et littéraires de la Savoie et de la Haute-Savoie, paraissant à Annecy [PER 294-17]] paru le 4 avril 1914.

Samedi 4 avril 1914

Faverges.- Le mauvais temps

Le torrent la Chaise, qui descend de Serraval et va se jeter dans l'Arly, a raviné, à la limite des deux départements, au lieu-dit Champs-froids, la ligne du chemin de fer d'Annecy à Albertville.

Le torrent de Saint-Ruph, qui descend de Tamié et du col d'Orgeval, grossi, sous le village de Mercier, des sources des marais, a couvert, au pont Carrier, les routes départementales sur une longueur de 300 mètres et une hauteur de un mètre d'eau . 

Plus loin, le même torrent, devenu l'Eau-Morte, grossi encore des sources des marais et des torrents de Giez, a couvert encore une fois la même route, au Pont-Rouge, sur une longueur de 400 mètres et une hauteur de 0 m 60 d'eau. Tous les terrains en amont forment un lac.

L'Eau morte sous Mercier en l'année 1936

Le torrent de Montmin, en aval du village du Villard, est tombé sur la route.

Le torrent de Prabornon, entre Mercier et Vesonne, a remblayé le chemin de Faverges à Vesonne de 0 m 60 de gravier.

Il en est de même de son voisin le torrent des Pareuses.

La source de trop-plein, le célèbre Bourbouillon, qui sort après les grandes pluies, entre Viuz-Faverges et le Noyeray, a jailli à 60 cm de hauteur, inondant toute la plaine des Bourbouillons et des Prés d'Enfer.

On ne compte plus les ravinement et les dégâts sur les routes et les chemins, particulièrement sur la route départementale et sur celle de Serraval.

Le Fier, lui aussi, a causé des dégâts sur ses rives, il a atteint les fameuses galeries des gorges.

En ce qui concerne plus spécialement la ligne P.L.M. ravinée, elle était menacée dans son gros œuvre. Aussitôt, MM. Duron, inspecteur et Charvin, conducteur de la voie, à Faverges, à la tête d'une équipe d'une vingtaine de poseurs, s'occupèrent de pousser la ligne ferrée sur la partie nord du remblai qui n'avait pas subi de dégâts et ensuite de projeter du gravier dans les ravinements de Mongové ; mais cet apport de gravier était de la plus grande difficulté parce qu'il devait être monté sur le remblai de la ligne qui domine la route, puis chargé sur le wagonnet en pleine ligne.

Pendant les journées de lundi 9 et de mardi 10, les trains purent passer à petite allure.

Dans la nuit de mardi à mercredi, la pluie étant tombée sans discontinuer, le torrent fit de nouveaux dégâts qui forcèrent les transbordements dès le mercredi matin. Les trains subirent de ce fait des retards assez sérieux.

La compagnie, aussitôt que le temps l'a permis, a procédé à la construction de gros travaux de protection. Elle a également travaillé à sauvegarder ce qui reste de la ligne. (Le Républicain Savoyard_PER294-17_1914-04-04)

Plus de renseignements au 09 51 70 80 06

CPCGF : phila.faverges74@wanadoo.fr

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